Double Je

Comme toujours, mes réflexions me ramènent à mes utopies, me font douter sur mes envies et me font remettre en question ma vie. Et si avec des si, on mettrait Paris en bouteille, moi avec des si, je pourrais reconstruire ma vie.

Tout est plus simple quand on a 10 ans. On est rien qu’un enfant, avec des rêves innocents. Petite, je me voyais archéologue, équilibriste, psychologue, journaliste, espionne internationale, vétérinaire, danseuse étoile, pilote de l’air, dompteuse de lion, actrice, porte-parole d’associations ou encore éditrice. Je voulais être importante et servir le monde. Je voulais être l’héroïne et non l’ombre. Aujourd’hui, je veux juste réussir ma vie, peu importe ce que j’en fasse, peu importe qui je suis. J’ai des rêves moins ambitieux, mais qui valent la peine de faire quelque chose d’eux. Et pourtant, je reste là, à vivre ma vie banalement, à ne pas prendre le temps. Je sais, tout bas, que cette vie n’est pas faite pour moi, et pourtant, je reste là. Au lieu d’aller m’acheter un violon et d’y jouer des tonnes de partitions, au lieu de voyager partout, de San Francisco à Rio de Janeiro, en passant par Moscou et le Tombouctou, au lieu d’apprendre le kite surf, de me remettre au dessin, d’écrire un best-seller, de partir un mois dans une réserve m’occuper de félins, de faire un road trip avec ma sœur, de tester le bain de minuit, d’aimer sans aucun souci. Je mène une double vie, la véritable et la désirable, la sagesse et la tigresse, la décente et l’indécente. Si quelqu’un pouvait un jour rentrer dans ma tête, il verrait que j’ai de multiples facettes. Que ma vision d’une vie meilleure dépend de mon humeur : long fleuve tranquille ou torrent indocile ? Je suis extrêmement contradictoire. Pour reprendre la définition du Larousse, je suis sans cesse en « opposition avec ce que je dis ou fait », autrement dit, je pense noir et je fais blanc.

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