Retour sur Lucy, la SF by Besson

lucy

 

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de Lucy, le dernier film de Luc Besson. Il a déchaîné les passions alors que pourtant, il est artistiquement très bon.  L’histoire manque un peu de conviction, certes, mais c’est quand même du Luc Besson, et un grand film de science-fiction qui a su séduire les américains, ce qui n’est pas rien.

En bref :

Lucy, incarnée par Scarlett Johansson, se retrouve malgré elle victime de la mafia et de ses conspirations, obligée de transporter dans son estomac une drogue puissante, le CPH-4. Suite à quelques violences, le paquet de drogue se déchire et se met à fuir dans le corps de Lucy, provoquant l’activation de zones inconnues de son cerveau et lui conférant des pouvoirs qui surpassent l’imagination. Alors que l’homme n’utilise que 10 % de ses capacités, Lucy, elle, commence à l’utiliser à 20 %, puis 30, 40, 50 % et ainsi de suite faisant d’elle une super-héroïne aux aptitudes illimitées. Cependant, le pouvoir a un prix et le sien est de griller ses neurones petit à petit. Lucy se mettra donc à chercher, avec le très grand professeur Norman, incarné par Morgan Freeman, un moyen de partager ses capacités.

Le retour de l’héroïne extraordinaire

C’est du Besson. Et comme dans tous les Besson, on retrouve la femme courageuse, fonceuse, audacieuse et bagarreuse, à travers une Scarlett Johansson qui incarne parfaitement cette super-héroïne n’ayant peur de rien.  Mais même si Scarlett Johansson est une actrice talentueuse aux mille visages, on peut lui reprocher de trop bien incarner la froideur au point de manquer ici d’un peu de chaleur. On pense alors à Mathilda dans Léon, qui gardait sa touche enfantine et restait touchante, ou encore Leeloo dans Le Cinquième Elément, totalement innocente et émouvante.

Une histoire qui peut intéresser mais pas assez poussée

L’histoire est un peu bancale, basée sur une l’hypothèse que l’Homme n’utiliserait que 10% de son cerveau,  mais tout de même intrigante. Elle nous émet l’idée que notre cerveau a de multiples capacités encore non-exploitées, que nous sommes encore très loin de ce qu’on pourrait réaliser et qu’il y a d’infinies possibilités. De quoi éveillé notre curiosité. Malheureusement, Lucy est un film qui va très vite, trop vite même, et alors même qu’on arrive aux fameux 100 %, où les possibilités sont donc infinies, le film s’arrête là, alors qu’on voudrait savoir, ce que Luc Besson nous a préparé comme nouveaux pouvoirs. Lucy finit en eau de boudin, on reste sur sa faim.

Artistiquement irréprochable

Mais ce que Luc Besson a le plus réussi dans ce film est, selon moi, la réalisation. Et particulièrement sa façon d’entrecouper les scènes importantes par d’autres scènes  pour les rendre plus fascinantes. On pense d’abord à la première scène dans l’hôtel, où Lucy avance, fébrile, dans le hall, entourée de mafieux terrorisants, et où chaque moment clé de cette scène est entrecoupé avec des moments clés d’une autre scène de la vie animale où l’on peut voir une innocente antilope se faire chasser par des lions sanguinaires et puissants. Une métaphore animale joliment placée qui apporte un peu de poésie à ce film d’action. On pense également à l’alternance des scènes de baston avec ce même gang de mafieux terrorisants, avec des cours en amphi du professeur Norman sur le cerveau humain et l’évolution du vivant, pour illustrer l’évolution des capacités de Lucy. J’aime aussi la façon dont Luc Besson a inséré un simple champ noir avec pour seul contenu un pourcentage en grand et en blanc, comme pour annoncer, comme un chapitre, l’évolution du cerveau de Lucy et nous laisser un laps de temps pour se demander ce qui va se passer.

C’est donc plus pour la façon dont a été réalisé Lucy que je l’ai apprécié. L’histoire est intéressante mais pas transcendante. Mais la réalisation l’emporte haut la main sur la narration.

 

Priscilla.

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