Au coeur de l’océan : une épopée maritime spectaculaire et déchirante

294764

Retour sur le dernier film de Ron Howard, Au Coeur de l’Océan, avec Chris Hemsworth et Tom Holland. Critique réalisée pour melty.fr

Tout le monde a déjà entendu parler du livre culte Moby Dick, d’Herman Melville, qui raconte comment le jeune Ismaël embarque sur le Péquod, un baleinier commandé par le capitaine Achab, obsédé par un cachalot blanc qui lui a arraché sa jambe par le passé ? Au cas où vous n’étiez pas au courant, c’est inspiré d’une histoire vraie. Celle de l’Essex, le baleinier qui, le 20 novembre 1820, a fait naufrage après avoir été attaqué par un immense cachalot, laissant son équipage perdu en plein milieu de l’océan pendant près de 90 jours, avec pour seul habitat, de simples embarcations de fortune. C’est cette histoire qu’a décidé de raconter Ron Howard dans son film Au Coeur de l’Océan, sorti le 9 décembre dernierL’histoire des conséquences épouvantables de ce désastre, l’histoire de la survie, autant physique que mentale, de l’équipage de l’Essex qui a survécu à l’attaque du cachalot. Une version beaucoup plus psychologique que celle, plus épique, du roman, autrement dit. Car au lieu de s’attacher à la chasse à ce fameux monstre des mers, Au Coeur de l’Océan s’attache à raconter comment l’instinct de survie peut amener n’importe qui à remettre en question ses convictions les plus profondes et ses valeurs morales.

720x405-HOTS-08113sr

Imaginez-vous, 90 jours naufragés. Avec seulement quelques morceaux de biscuits et quelques gouttes d’eau par jour. Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien. Plus rien que l’attente. La soif. La faim. La fatigue. Le soleil qui vous brûle le visage. Et là, un des membres de l’équipage mort à côté de vous. Que feriez-vous ? L’équipage de l’Essex, lui, ne se pose même pas la question. Tout est bon pour survivre, jusqu’à même se livrer au cannibalisme. Ou encore au sacrifice, quand personne n’est assez faible pour mourir. C’est ce qui marque le plus dans ce film. La partie du naufrage. Elle pose des questions éthiques, elle laisse une marque psychologique. Ron Howard n’y est pas allé de main morte de ce côté-là. On salue d’ailleurs les prestations des acteurs pour montrer la dureté de ces épreuves, tant physiques que mentales. Tous sont incroyables. En particulier Chris Hemsworth, qui passe d’un homme fort et déterminé, à un homme faible et désespéré, avec une immense facilité. Chris Hemsworth a tout donné pour ce rôle, allant même jusqu’à s’amaigrir comme jamais et c’est réussi, sa prestation est à couper le souffle. Chapeau également à Tom Holland et Brendan Gleeson, émouvants comme jamais.

3037301-poster-p-1-whale-heart-of-the-sea-moby-dick

Enfin, si ce qui vous intéresse, c’est le spectacle, vous ne serez pas déçus non plus. Car durant toute la première partie du film, on en prend plein la vue. La photographie est impressionnante, que ce soit les décors maritimes, les scènes de tempêtes en mer catastrophiques, les magnifiques bancs de cachalots qui nagent au-devant du bateau, l’attaque violente de l’immense cachalot et l’immense cachalot tout court, tout est visuellement stupéfiant, renversant, saisissant. Une véritable aventure maritime comme on n’en fait plus. Et à travers ces images impressionnantes, même en 2D, Ron Howard nous rappelle l’air de rien que face à l’immensité de la nature, l’homme n’est rien du tout. Bref, on ne peut que trop vous conseiller d’aller vous immerger dans cette épopée émouvante, captivante et impressionnante.

Priscilla BM

Publicités