Retour sur The Big Short : la finance loufoque

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Ryan Gosling, Christian Bale, Brad Pitt, Steve Carrell… Le casting de rêve, n’est-ce pas ? Eh bien, on en rêvait, Adam McKay l’a fait ! Avec son dernier film sorti le 23 décembre dernier, The Big Short. Retour. 

En bref

Quatre outsiders de la finance vont découvrir une faille dans l’économie immobilière des Etats-Unis et décider de profiter de l’aveuglement des banques, des médias et du gouvernement pour s’enrichir l’air de rien, en organisant le “casse” du siècle. Mais attention, si le titre s’intitule The Big Short – Le casse du siècle, ne vous attendez cependant pas à un casse à la Ocean Eleven. Non, ici c’est plutôt un casse version monde de la finance. En gros, pour résumer, nos quatre outsiders que sont Michael Burry (Christian Bale), Jared Vennett (Ryan Gosling), Mark Baum (Steve Carrell) et Brad Pitt (Ben Rickert), vont tout simplement parier contre les banques à travers des achats bien placés, juste avant que tout s’effondre. Le tout, avec un humour noir digne du réalisateur Adam McKay.

Une mise en scène délirante

Subprimes, CDO, CDO synthétiques, triples A, tranches, shorting, actions, obligations, marché immobilier… C’est de ça qu’il est question dans The Big Short. Mais si à première vue, ça peut paraître compliqué et ennuyeux pour les non-initiés, Adam McKay l’a en réalité réalisé à notre portée, et ce, à travers une mise en scène des plus originales. D’entrée de jeu, le ton est donné, le film sera ponctué de montages alternant scènes de film et références à notre pop culture, le tout, sous un air de documentaire à l’américaine. Car The Big Short brise complètement le quatrième mur, avec un Ryan Gosling s’adressant à nous comme si nous faisions partie de l’histoire, pour nous expliquer la crise immobilière des années 2000 aux Etats-Unis et nous présenter les différents protagonistes du film, et ce, entre deux scènes normales. Cette technique, Adam McKay l’utilisera plusieurs fois dans le film pour nous expliquer certains termes très complexes de la finance, par Margot Robbie dans une caricature de son rôle dans Le Loup de Wall Street ou encore Selena Gomez. Et pour les autres termes, des dessins s’invitant soudainement sur l’écran font l’affaire, même quand il s’agit d’illustrer une grosseur à un testicule.

Des personnages loufoques

Cependant, ce montage original a aussi des inconvénients. La succession rythmée, beaucoup trop même, de scènes directement liées à l’intrigue avec les scènes d’explications ou encore avec les références à notre pop-culture nous emmêle les pinceaux concernant l’intrigue même. On oublie vite qui a fait quoi et à la fin, on est un peu perdu quant aux gains et aux pertes de chacun. Les histoires sont beaucoup trop croisées, beaucoup trop coupées. Ce qu’on retiendra finalement vraiment du film, hormis cette mise en scène atypique, ce sont les personnages, tout aussi atypiques, que les différents acteurs ont incarnés avec brio. Christian Bale est absolument génial en mec loufoque, un peu autiste et asocial, tandis que Steve Carell joue à merveille le type à la fois blasé de la vie et colérique, complètement déchaîné et avec une voix totalement adaptée. Ryan Gosling est aussi excellent en banquier prétentieux, arrogant et totalement antipathique. Brad Pitt reste quant à lui assez simple, mais amusant par ses mimiques et son côté vieil homme cynique.

Priscilla BM

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