[Treiz’Hebdo] Au musée Guimet, une Corée délicate et enjouée

Article du  13/02/16 : https://treizhebdo.wordpress.com/2016/02/13/au-musee-guimet-une-coree-delicate-et-enjouee/

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Du chamanisme au bouddhisme, en passant par l’art décoratif, les mouvements coréens de la dynastie Choson (1392-1910) s’enchaînent au fil des 130 oeuvres de la collection du musée Guimet présentées dans le cadre de l’année France-Corée. Mais un seul subsiste : le confucianisme, ou l’art des lettrés.

À peine rentré dans l’exposition Tigres de papier, cinq siècles de peintures en Corée, que le ton est donné. Un paravent orné de dessins de livres, de papiers, d’encres et de plumes et un autre orné d’un style calligraphié illustré nous introduisent à la Corée au temps de la dynastie Choson. Une dynastie marquée par le besoin de s’affirmer de l’art chinois en s’ouvrant à un royaume lettré modernisé. Paravents aux livres (chaek’kori) et calligraphie raffinée reviennent souvent au fil des salles, tout en se mêlant à des dessins de bambous délicats, des portraits d’un réalisme saisissant, des cartographies aux détails minutieux ou encore des scènes de genre, qui retracent les moeurs et les coutumes de la Corée avec ses métiers, ses modes, ses jeux ou bien ses fêtes. Les paysages font aussi partie du lot, tout comme les fleurs et les oiseaux. Tous marqués par le confucianisme, l’enseignement des lettrés, où sobriété et raffinement sont de mise. Traits fins, dessins miniaturisés, peintures très aérées, l’art coréen se veut délicat, comme les lettres fines et gracieuses de ses calligraphies. Une véritable poésie, accentuée par l’ambiance tamisée dans laquelle on évolue.

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Paravents calligraphiés – © Sandra BERNARD

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Cartographie à inspiration occidentale – © Sandra BERNARD

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Scènes de genre – © Sandra BERNARD

Le pays blanc aux mille et une couleurs

Mais ce qui frappe le plus dans cette exposition, c’est l’explosion de couleurs chatoyantes qui parsèment les oeuvres, alors même que la Corée est surnommée “le pays blanc”. Sophie Makariou, la présidente du Musée Guimet explique :

La Corée ancienne était appelée ‘le pays blanc’, car c’était la seule couleur portée par les hommes. Les femmes, qui n’apparaissaient que rarement, portaient en revanche des tenues très colorées

Et l’art coréen aussi. Ici, une divinité chamanique aux vêtements rouge, bleu et vert éclatants, sur son tigre orangé aux yeux brillants. Là, un phénix plongeant aux mille et une couleurs. Et là, un arbre aux fleurs bleu clair et aux champignons rouges à ses pieds. Et ici enfin, un paravent aux décors fleuris et lettrés et aux couleurs variées, le tout, sur fond de murs rose, bleu turquoise, vert pomme ou encore jaune poussin. On en ressort nous-même un peu plus coloré.

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Divinité chamanique – © Priscilla Brégeon-Minos

 

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Chaek’kori avec fleurs – © Musée Guimet

Tigres de papier, cinq siècles de peinture en Corée

Musée Guimet

6 Place Iéna, 75116 Paris

www.guimet.fr

Fermé le mardi

Jusqu’au 22 février 2016

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